anticipation oubliée
Courte tribune dans Le Monde de ce week-end sur le fait que “l’avenir n’ait plus la côte”. La crise fiancière ne serait qu’un des nième symptômes de notre enferment dans un présent perpétuel qui ne laisserait plus de place à la prospective et l’anticipation.
Cette “forme vide du temps abstrait” dans laquelle le message pour s’en tirer serait la suivant
“Fini donc le temps des scénarios prévisionnels, prospectifs ou encore projectifs, qui “au gré des situations, cherchent à devenir des avenirs possibles, voire désirés”, qui structurent et construisent avec, surtout, une part d’illusion. Les nouvelles temporalités façonnent cette pauvreté anticipationnelle : l’immédiateté génère un temps continu peu propice à la réflexion ; l’urgence pousse à des comportements stressés, stéréotypés, présentés comme sans alternative ; la soif d’innovation, productrice d’obsolescence, porte au futur immédiat plus qu’au long terme ; la simultanéité, le multitasking, comme norme à l’action, surcharge l’attention. C’est le triomphe du présent sans profondeur. Or, comme le souffle une autre psychosociologue, Florence Giust-Desprairies, il faut pouvoir rêver le monde pour pouvoir y entrer.”